Défenseur de l’astronomie au Pic

Le retour progressif vers l’astronomie se produit dans les années trente, lorsque Bernard Lyot, un astronome parisien, met au point son coronographe au Pic.

Cet appareil révolutionnaire sert à observer la couronne solaire en dehors des éclipses.

Mais il faut le talent de Lyot et la transparence du ciel du Pic pour que l’expérience réussisse.

En 1935, Jules Baillaud, défenseur de l’astronomie au Pic, devient président de la Société "Les amis de l’Observatoire du Pic du Midi".

En cette qualité, il propose d’améliorer le télescope existant, construit par son père, et d’en réaliser un deuxième.

Enfin, en 1936, le ministère nomme un astronome pour remplacer Joseph Devaux, disparu avec Charcot au large des côtes d’Islande.

Cet astronome, c’est Henri Camichel ; il est résolument décidé à observer, même en hiver.

Nomination de Jules Baillaud

Dès sa nomination, Jules Baillaud entreprend un ambitieux programme de rénovation de l’observatoire, la construction d’un téléphérique pour résoudre les problèmes d’accès et celle d’une ligne électrique depuis la vallée pour remplacer la batterie d’accumulateurs, une source faible et peu fiable d’énergie.

Mais ces projets sont à peine ébauchés lorsque éclate la guerre ; presque tout le personnel est mobilisé.

On pourrait penser qu’un homme âgé, qui ne voulait pas vraiment être directeur, se retrouvant presque seul dans cet observatoire à un moment où tout le pays est bouleversé par l’état de guerre, renoncerait à tous ses projets.

Mais c’est tout le contraire qui se passe.

La défaite et son humiliation le galvanisent ; il estime que "notre pays a besoin de montrer que son génie et son rayonnement ne sont pas éteints" .

Cette situation est très proche de celle de 1871 ; six observatoires nationaux et deux privés ont été construits dans les dix années qui suivirent.